L’illusion de l’ego (suite)

Nous pourrions penser qu’en consacrant la majeure partie de notre temps à satisfaire et à renforcer cet ego, nous adoptons la meilleure stratégie pour atteindre le bonheur. Mais c’est faire ainsi un mauvais pari, car c’est tout le contraire qui se produit. L’ego ne peut procurer qu’une confiance factice, construite sur des attributs précaires — le pouvoir, le succès, la beauté et la force physiques, le brio intellectuel et l’opinion d’autrui — et sur tout ce qui constitue notre image.

Une confiance en soi digne de ce nom est tout autre. C’est paradoxalement une qualité naturelle de l’absence d’ego. La confiance en soi qui ne repose pas sur l’ego est une liberté fondamentale qui n’est plus soumise aux contingences émotionnelles, une invulnérabilité face aux jugements d’autrui, une profonde acceptation intérieure des circonstances, quelles qu’elles soient.

Cette liberté se traduit par un sentiment d’ouverture à tout ce qui se présente. Il ne s’agit pas d’une distante froideur ni d’un détachement sec, comme on l’imagine parfois lorsque l’on parle du détachement bouddhiste, mais d’un rayonnement altruiste qui s’étend à tous les êtres.

Lorsque l’ego ne se repaît pas de ses triomphes, il se nourrit de ses échecs en s’érigeant en victime. Entretenu par ses constantes ruminations, sa souffrance lui confirme son existence autant que son euphorie. Qu’il se sente porté au pinacle, diminué, offensé, ou ignoré, l’ego se consolide en n’accordant d’attention qu’à lui-même.

Ce qui n’est pas donné est perdu

Ces paroles ont été prononcées par mon ami le père Ceyrac, âgé aujourd’hui de 95 ans, qui en un demi-siècle s’est occupé de 50.000 enfants dans le sud de l’Inde. On trouve une pensée analogue dans les enseignements bouddhistes, ainsi formulée: « ce qui n’est pas fait pour le bénéfice d’autrui, ne mérite pas d’être fait ». Rechercher égoïstement le bonheur est le meilleur moyen de se rendre malheureux soi-même ainsi qu’autrui. Tout le monde y perd.

L’altruisme, la compassion et son mode d’expression naturel, la générosité, sont en revanche des attitudes diamétralement opposées: elles constituent le meilleur moyen de s’épanouir tout en se mettant au service des autres.

L’avidité est l’eau saumâtre consommée par ceux qui ont soif de satisfaction égocentrée. Ce type de soif ne peut jamais être assouvie et tourmente toujours plus. Inversement, la générosité est la pluie qui récompense, elle fertilise le champ de chacun, y compris le vôtre. Elle mène ainsi à une situation où tout le monde est gagnant.

L’illusion de l’ego

Dés ma première rencontre avec des sages de la tradition du Bouddhisme tibétain, j’ai été frappé par le fait qu’ils manifestaient d’une part une grande force intérieure, une bienveillance sans faille et une sagesse à toute épreuve, et d’autre part une complète absence du sentiment de l’importance de soi. J’ai moi-même observé à quel point l’identification à un « moi » qui siégerait au cœur de mon être est une source de vulnérabilité constante, et que la liberté intérieure qui naît d’un amenuisement de cette identification est une source de plénitude et de confiance sans égale.

Comprendre la nature de l’ego et son mode de fonctionnement est donc d’une importance vitale si l’on souhaite se libérer des causes intérieures du mal-être et de la souffrance. L’idée de se dégager de l’emprise de l’ego peut nous laisser perplexe, sans doute parce que nous touchons à ce que nous croyons être notre identité fondamentale.

Nous imaginons qu’au plus profond de nous-mêmes siège une entité durable qui confère une identité et une continuité à notre personne. Cela nous semble si évident que nous ne jugeons pas nécessaire d’examiner plus attentivement cette intuition. Pourtant, dès que l’on analyse sérieusement la nature du « moi », l’on s’aperçoit qu’il est impossible d’identifier une entité distincte qui puisse y correspondre. En fin de compte, il s’avère que l’ego n’est qu’un concept que nous associons au continuum d’expériences qu’est notre conscience.  (à suivre)

Gérer le stress et l’anxiété

Le stress est un mécanisme naturel qui mobilise toutes nos énergies pour faire face à une urgence–fuir devant un éléphant qui charge, par exemple. Mais si vous êtes toute la journée dans l’état de celui qui cherche à fuir un éléphant, c’est très mauvais pour la santé. Le stress chronique affaiblit le système immunitaire, abime les neurones, augmente démesurément le taux cortisol dans le sang, et ainsi de suite.

Dans la vie quotidienne, le stress peut être provoqué par un événement ponctuel, par une situation qui perdure, ou par notre manière de faire l’expérience du monde. Il naît de la difficulté que nous éprouvons à gérer ou à accepter une situation et des événements. Le stress est un concentré de contrariétés, d’espoirs et de craintes qui envahit le champ de notre conscience.

Un nombre croissant d’études scientifiques indique que la pratique de la méditation sur la pleine conscience (20 minutes par jour pendant 8 semaines) diminue significativement le stress, l’anxiété, la tendance à la colère et à la dépression.

Conseil No 1: Dénouer l’inquiétude

Dites-vous que s’il y a une solution, il n’est pas nécessaire de s’inquiéter, et s’il n’y a pas de solution, il est inutile de s’inquiéter.

Conseil No 2: Une chose à la fois.

Si vous avez beaucoup de choses à faire, faite une chose à la fois. En fin de compte, vous irez plus vite et ferez mieux les choses. Des études récentes, réalisées à l’université de Stanford, ont montré que le multitâche ne nous aide pas à mieux gérer un grand nombre d’activités simultanément: nous faisons tout plus mal et en fin de compte plus lentement. Notre efficacité ainsi que notre capacité d’attention sont diminuées.

Conseil No 3: Un brin de méditation.

Si vous êtes saisis par l’anxiété, faites une pause et essayer d’être simplement conscient de cette anxiété. A mesure que vous ‟regardez” le stress à l’aide de pleine conscience, celui-ci perd son intensité. Pourquoi ? Parce que la partie de votre esprit qui est consciente de l’anxiété n’est pas anxieuse. Elle est simplement consciente. A mesure que la pleine conscience prend de l’ampleur, l’anxiété s’estompe jusqu’à perdre sa capacité de troubler votre esprit, et céder la place à la paix retrouvée.

L’avenir ne fait pas mal…. pour le moment !

Ainsi que Sa Sainteté le Dalaï Lama l’a souligné à maintes reprises, l’interdépendance est une notion essentielle du bouddhisme qui débouche sur une profonde compréhension de la nature de la réalité et sur une prise de conscience de la responsabilité universelle que nous partageons tous. Si l’on considère que tous les êtres sont étroitement liés et que, tous sans exception, veulent éviter la souffrance et aspirent au bonheur, cette compréhension constitue la base de l’altruisme et de la compassion et nous conduit naturellement à la pratique de la non-violence envers tous les êtres humains et les animaux ainsi qu’au respect de l’environnement.

Le consumérisme effréné est fondé sur le principe selon lequel les gens ne sont que des instruments que l’on utilise et que l’environnement est une denrée comme une autre. Une telle attitude nourrit le mécontentement, l’égoïsme et le mépris.

La grande majorité des Tibétains n’a jamais entendu parler du réchauffement climatique ; ils savent tous néanmoins que la glace est désormais moins épaisse qu’autrefois et que les températures hivernales sont en hausse. Dans les différentes parties du monde où l’accès à l’information est libre et facile, la plupart d’entre nous sont conscients des dangers imminents suscités par le réchauffement climatique et par l’absence de mesures suffisantes entreprises par les autorités politiques pour y remédier. Même le Rapport Stern traitant des conséquences économiques du changement climatique, qui est une mise en garde sur l’impact catastrophique du réchauffement climatique sur l’économie mondiale, n’a eu que peu d’effet sur les décideurs. Pourtant les preuves sont écrasantes.

Les Européens ont mis en œuvre leurs programmes d’énergies renouvelables ; cependant dans les grands pays asiatiques les changements ont à peine commencé et nécessiteront un bouleversement radical des politiques économiques ainsi que des investissements financiers considérables. Il est difficile d’escompter que des pauvres chauffeurs népalais cessent d’utiliser leurs vieux camions dont les pots d’échappement émettent des nuages de fumée noire et toxique. S’ils le faisaient, ils ne pourraient plus subvenir à leurs besoins. Qui donnera des voitures électriques et des fours solaires efficaces gratuits à toutes ces populations ? Comment pouvons-nous offrir du biogaz à un milliard d’Indiens ?

Afin de faire étalage de ses avancées technologiques, le gouvernement chinois développe une île « hyper-écologique » où il n’y aura pas la moindre émission de carbone. Toutefois, ce même gouvernement suit une politique opposée dans le reste du pays en produisant par exemple d’innombrables 4×4, en polluant l’atmosphère et les fleuves sur une échelle telle que cela provoque des émeutes dans les villes où les émanations toxiques et les eaux polluées mettent la vie des gens en danger.

Dans les années à venir investiront sans doute des sommes importantes dans les énergies renouvelables. De ce fait, ces formes d’énergie deviendront moins coûteuses. Boone Pickens, un milliardaire du pétrole représente un exemple typique. Il a investi des milliards de dollars dans l’énergie éolienne. Est-ce qu’il l’a fait pour gagner plus d’argent ? « Bien sûr, répond-il, le monde du pétrole est devenu complètement fou. Les énergies renouvelables sont non seulement crédibles, mais elles permettent en outre de gagner de l’argent. » Même du point de vue d’un industriel du pétrole pur et dur de Houston, cette forme d’énergie est justifiée. Ces gros financiers peuvent avoir un énorme impact sur les attitudes des milieux d’affaires dans d’autres domaines.

Les gens réagissent vivement face à un danger immédiat, toutefois il leur est difficile de se sentir impliqués émotionnellement par un problème qui se produira dans dix ans ou vingt ans. Ils se sentent rarement motivés pour changer leur attitude à l’égard d’une situation qui les affectera dans le futur ou qui concernera la prochaine génération. Ils se disent : « On verra bien quand ça arrivera. » Ils répugnent à l’idée de se priver de plaisirs immédiats pour la seule raison que ces satisfactions auront des effets désastreux à long terme. Leurs actions sont motivées par le fait d’éviter toute contrainte, maintenant. L’avenir ne fait pas mal…. dans l’immédiat !

Adaptation: résignation ou liberté?

Dernièrement, dans une conversation avec des penseurs nord-américains, j’ai dit que l’entraînement de l’esprit par la méditation pouvait permettre à des individus de modifier leur perception de situations pénibles et les aider à développer des facultés utiles pour mieux affronter les hauts et les bas de l’existence.

On me répondit avec vigueur que préconiser une telle adaptation était très dangereux. Cela reviendrait à dire aux esclaves peinant dans les galères et aux autres opprimés que la seule chose à faire est de méditer pour apprendre à se satisfaire de son sort plutôt que de réclamer la justice et la fin de l’oppression. Cela encouragerait toute personne exploitée par d’autres à développer une attitude de résignation passive. Cela ne serait pas acceptable.

Manifestement il y avait un malentendu important entre nous.

Développer la capacité intérieure de faire face avec force, confiance et une certaine dose de sérénité aux circonstances de la vie, qu’elles soient heureuses ou malheureuses, est un immense atout. En aucun cas cela n’est synonyme de résignation impuissante ou d’injustice tolérée. Il s’agit avant tout d’éviter de devenir deux fois esclave : esclave des autres et esclave de son propre esprit.

Il est vital que tout en faisant tout ce qui est concevable pour vaincre l’iniquité, l’oppression et la négligence, et s’efforcer d’accéder à une liberté extérieure, on parvienne aussi intérieurement à se libérer d’états mentaux douloureux. La force intérieure, en tant qu’elle est l’opposé de la vulnérabilité, est le meilleur moyen de développer une détermination sans faille à changer les circonstances extérieures, chaque fois que c’est possible.

Quelqu’un qui est continuellement à la merci de son propre esprit peut aisément être dépassé par des difficultés qui sont internes et externes à la fois. Quelle que soit la nature des circonstances extérieures, c’est l’esprit qui traduit ces circonstances en bonheur ou malheur. Eviter d’être anéanti par des événements néfastes n’est pas se résigner. Comme le disent souvent le Dalai Lama et d’autres maîtres bouddhistes : «Face à une situation difficile, si quelque chose peut être entrepris, il n’y a pas de raison de s’inquiéter. Si rien ne peut l’être, il n’est pas utile de s’inquiéter ».

Bien comprise, cette attitude n’encourage personne à cultiver la passivité ; elle évite simplement de souffrir deux fois plus.

Rencontre dans l’avion

Dernièrement, dans un vol international alors que le repas venait d’être servi, mon voisin, un jeune américain du Midwest, me demanda avec une pointe d’étonnement :

— Etes-vous végétarien ?

— Oui.

— Pensez-vous que la viande est quelque chose d’impur ?

— Pas du tout, mais je ne veux pas causer de mal en mangeant.

— Mais tous les animaux se mangent les uns les autres. C’est la nature.

— C’est possible, mais moi je ne les mange pas.

— Si un de ces animaux était là, il pourrait vous manger !

— Certainement, mais d’après moi ce n’est une raison suffisante pour que moi je le mange. Comme le disait George Bernard Shaw, « Les animaux sont mes amis et je ne mange pas mes amis ».

— Oh, les animaux sont vos amis….

— Oui.

— Voilà qui est intéressant.

Le bonheur au-delà de l’égocentrisme

Envisager le bonheur comme la matérialisation de tous nos désirs et passions et, surtout, le concevoir uniquement sur un mode égocentrique, c’est confondre l’aspiration légitime à la plénitude avec une utopie qui débouche inévitablement sur la frustration.

Même si l’on affiche toutes les apparences du bonheur, on ne peut être véritablement heureux en se désintéressant du bonheur d’autrui.

Ne pas s’identifier à sa souffrance

Même lorsqu’une souffrance nous tourmente au plus haut point, nous ne sommes pas cette souffrance. Lorsque nous souffrons d’une maladie, nous ne sommes pas cette maladie. Habituellement, nous nous identifions complètement à notre souffrance et ne faisons qu’un avec elle. Pour pouvoir continuer à nous épanouir dans l’existence, il importe de comprendre que la souffrance est une maladie qui, à des degrés divers, nous affecte tous, et surtout que, au plus profond de nous-mêmes, quelque chose n’est pas altéré par les tourments de l’existence. Il faut donc d’une part repérer la souffrance qui nous affecte, et de l’autre prendre conscience de ce qui, en nous, reste inentamé.

Ce qui nous accable, c’est tout un enchaînement de sensations et de pensées qui nous conduit à sélectionner un aspect donné de la réalité et à le laisser occuper tout le champ de nos préoccupations, ce qui a pour effet de lui conférer une importance démesurée.

Pour remédier à cela il faut d’abord parvenir à mieux appréhender ce qui, en nous, n’est pas affecté par la souffrance. Au fond de nous-mêmes, derrière la sensation de douleur, il y a toujours une présence éveillée qui demeure, simple et paisible. Cette présence éveillée n’est pas une entité mystérieuse : c’est la nature première de notre esprit, la qualité fondamentale de la conscience qui nous permet de faire l’expérience du monde et de nous-mêmes. Si nous portons notre attention vers elle et nous reposons en elle, elle agit comme un baume sur nos tourments.  Le résultat est un regain de paix intérieure.

Confronté à de puissantes émotions et sensations, notre esprit se trouve si souvent comme privé de son libre arbitre. Seule une réflexion profonde sur les mécanismes du bonheur et de la souffrance, une nouvelle vision des choses, une meilleure compréhension de la manière donc fonctionne notre esprit, combinées à un entraînement méthodique de l’esprit peuvent progressivement nous aider à le libérer.

Les événements et le comportement des autres échappent dans une large mesure à notre contrôle, mais nous pouvons toujours agir sur la manière dont nous les percevons et dont nous en faisons l’expérience. Or en surmontant nos souffrances personnelles, il y a tant de choses constructives que nous pouvons entreprendre dans la vie, par exemple en nous mettant au service des autres.

L’optimisme éclairé (deuxième partie)

En entendant une porte grincer, l’optimiste pense qu’elle s’ouvre et le pessimiste qu’elle se ferme.

Les psychologues ont longtemps cru que les personnes légèrement dépressives étaient les plus « réalistes ». Les optimistes en effet ont tendance à se rappeler plus souvent les événements plaisants que les situations douloureuses et à surestimer leurs performances passées et leur maîtrise des choses.

Pourtant, des travaux récents ont montré qu’il ne faut pas se contenter de prendre en considération l’évaluation objective, distanciée et méfiante de la réalité à laquelle se livrent les pessimistes. Lorsqu’il ne s’agit pas seulement de tests qui ressemblent à des jeux, mais de situations de la vie quotidienne, les optimistes sont en fait plus réalistes et pragmatiques que les pessimistes. Si l’on présente par exemple à des consommatrices de café un rapport sur l’augmentation du risque de cancer du sein causé par la caféine, une semaine plus tard, les optimistes se souviennent mieux des détails de ces rapports que les pessimistes et en tiennent plus compte dans leur conduite. De plus, ils se concentrent attentivement et sélectivement sur les risques qui les concernent vraiment, au lieu de s’inquiéter inutilement et inefficacement de tout. Ainsi ils restent plus sereins que les pessimistes et réservent leur énergie pour de vrais dangers.

Par ailleurs, si l’on apprend à ces personnes déprimées à remédier spécifiquement au pessimisme en transformant leur vision des choses, elles sont moins sujettes à des rechutes dépressives. Il y a des raisons précises à cela. Les psychologues décrivent en effet le pessimisme comme un mode d’explication du monde qui engendre une impuissance acquise.

Même si l’optimiste rêve un peu quand il envisage le futur (en se disant que cela finira bien par s’arranger, alors que ce n’est pas toujours le cas), son attitude est plus féconde, car avec l’espoir de réaliser cent projets, suivi d’une action diligente, l’optimiste finira par en réaliser un grand nombre. À l’opposé, en espérant n’en réaliser que dix, le pessimiste réalisera encore moins, car il va consacrer peu d’énergie à une tâche qu’il estime compromise d’avance.

L’espoir est la conviction que l’on peut trouver les moyens d’accomplir ses buts et développer la motivation nécessaire à leur accomplissement. L’optimiste ne renonce pas rapidement : fort de l’espoir qu’il va réussir, il persévère et réussit plus souvent que le pessimiste, surtout dans des circonstances adverses.

Repartir de zéro (au lieu de terminer à zéro), comprendre qu’il est essentiel de faire des efforts soutenus dans la direction qui semble la meilleure (au lieu d’être paralysé par l’indécision et le fatalisme), utiliser chaque moment présent pour progresser, apprécier, agir, jouir de la paix intérieure (au lieu de perdre son temps à ruminer le passé et à redouter l’avenir)

Comme l’écrivait Hetty Hillesum : ‟Quand on a une vie intérieure, peu importe, sans doute, de quel côté des grilles du camp on se trouve […] J’ai déjà subi mille morts dans mille camps de concentration. Tout m’est connu. Aucune information nouvelle ne m’angoisse plus. D’une façon ou d’une autre je sais déjà tout. Et pourtant, je trouve cette vie belle et riche de sens. A chaque instant.”